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SYLVIE FOURN, COMMISSAIRE GENERAL DE POLLUTEC

«Les grands chantiers du Maroc constituent un marché»

L’organisation du Salon Pollutec au Maroc synchronise avec le lancement des grands chantiers lancés par le gouvernement dans le cadre de la protection de l’environnement. Un programme diversifié a été élaboré par le Secrétariat d’Etat chargé de l’Eau et de l’Environnement pour trouver des solutions aux problèmes touchant l’assainissement, l’eau, les déchets et l’énergie. Ce Salon constitue donc une plate-forme pour les professionnels afin de prendre part à la nouvelle technologie adoptée dans ce secteur.

Magazine CONSTRUIRE : Pollutec Maroc constitue une grande première pour le Maroc. Quels sont les idéaux qui président pour ce choix du Maroc ?

Sylvie FOURN : Je pense que l’organisation du Salon Pollutec au Maroc, vous le savez aussi bien que moi, connaît une longue histoire, qui a démarré en 2004. Ce n’était un hasard qu’on eût choisi le Maroc comme pays invité d’honneur. C’était au travers de toutes les informations qu’on avait, on sentait bien que le Maroc était en train d’évoluer sur ces problématiques de l’environnement. Et que c’est vrai, de grands chantiers constituent donc un marché. Je rappelle toujours qu’un Salon quel qu’il soit, quand il s’agit d’un Salon professionnel, il est là pour évidemment faire avancer la connaissance, diffuser les informations, les technologies, diffuser aussi la connaissance globalement des enjeux et des solutions, mais avant tout un Salon n’existe que s’il y a un marché, c’est-à-dire des acheteurs qui ont besoin d’équipements, de services, de technologies. Et c’est ce qui s’est passé au Maroc depuis maintenant plusieurs années. Alors à partir du moment où effectivement au travers de ces premières opérations qu’on avait faites en 2004, il s’est avéré que le Maroc était donc inscrit dans cette dynamique-là. Il était aussi évident que tôt ou tard, un pays, surtout dans cette matière qui est l’environnement, a besoin de son propre événement. Parce que, surtout l’environnement est un secteur essentiellement d’investissements publics qu’ils soient institutionnels, nationaux, régionaux ou communaux. On sait très bien que les techniciens et les gens qui sont vraiment en charge de la connaissance des technologies ne peuvent pas se déplacer  tous les jours dans des Salons à l’étranger. Donc, il était légitime et normal que le Maroc se dote de cet événement-là. Et je dirai que naturellement Pollutec était un partenaire intéressant pour toutes les raisons que vous connaissez aussi bien que moi, en particulier la proximité des deux pays. Alors par contre, pour faire un Salon qui est celui du Maroc au lieu d’un clonage des marques aussi fortes que soit celle du Pollutec, il fallait trouver un partenaire. Et voilà les conditions se sont avérées positives l’année dernière. Ainsi, j’étais allée voir le Secrétariat d’Etat chargé de l’Eau et de l’Environnement et le Ministère de l’Intérieur (Collectivités locales) en leur proposant de créer cet événement. Chose qu’ils ont parfaitement accueillie, d’autant mieux accueillie qu’ils étaient eux même conscients qu’il fallait à un moment donné un événement qui fédère, mutualise et qui permet, encore une fois la diffusion. Ne se serait que la diffusion de la politique nationale pour la faire bien comprendre et la faire booster.

Pour votre Organisme, est-ce dire qu’après cette édition marocaine, on peut s’attendre à vous voir dans d’autres régions africaines pour l’organisation de ce Salon ?

Je peux répondre oui et non. On a ouvert un premier SIEE Pollutec à Alger, il y cinq ans sur la thématique de l’Eau. Parce que là aussi, ça correspondrait à un marché. Ensuite, on est venu au Maroc pour les raisons que j’ai évoquées. Et l’on est effectivement sollicité par la Tunisie pour travailler en partenariat avec le Salon existant. On est également dans d’autres pays du monde qui ne sont pas l’Afrique pour l’instant. Si les conditions sont réunies, c’est-à-dire qu’il y a effectivement des pays qui se dotent des réglementations, des politiques et des programmes d’investissements, parce que là encore une fois on parle de busines, je dirai, pourquoi pas. Je reste ouverte à toute opportunité en la matière.

Les exposants étrangers, au nombre de 160, dominent sur les exposants nationaux chiffrés à 100. Ce quorum des opérateurs locaux est-il représentatif par rapport au secteur en lui-même ?

Je réponds par oui Globalement pour ce que vous avez dit que 40 % des acteurs sont marocains sur 60 % des surfaces. Quand on regarde à l’intérieur des acteurs marocains, beaucoup d’entre eux travaillent déjà aussi en partenariat avec les entreprises étrangères. Donc et de la même façon, les entreprises étrangères, qui viennent avec des sociétés de droit étranger, ont démarré déjà souvent les activités avec les sociétés marocaines. L’environnement n’est pas un secteur qu’on clone. Et on ne fait pas le clonage même dans les fameux contrats de délégation de services, et en particulier «les grands services au Maroc » que ce soit le groupe éoliens, Tecmed, la société des eaux de Marseille ou d’autres opérateurs. Ces derniers sont la plupart des temps des sociétés ayant fait des sociétés locales avec des contrats pour des régies dans le cadre de partenariats public privé qui sont déjà très développés. Les seuls grands absents sont plutôt ceux du secteur de l’eau. Mais, ceci est dû à une situation mondiale  qui n’est pas aujourd’hui favorable. On n’a pas par exemple officiellement la présence ni de Veolia eau ni de la Lydec. Ce qui paraît insensé. Mais je pensais à des politiques générales des groupes qui ont été prises pour l’ensemble de l’année 2009. Je suis persuadée d’abord qu’au-delà de leur présence éventuelle au travers des conférences, que tôt ou tard bien sûr ils y viendront.

Le gouvernement marocain compte investir près de 90 milliards de dirhams dans un plan « énergie ». Cette perspective a t-elle une influence sur les réservations des exposants ?

Je dirai oui, parce qu’il est évident que l’énergie en général (marché des énergies propres et renouvelables) est devenu un immense marché au travers du monde. Donc, évidemment beaucoup d’opérateurs dans l’énergie solaire thermique, le solaire photovoltaïque, les éoliens et dans les énergies à base d’origine marine, tous ces acteurs de l’offre énergétique et tous ceux qui relèvent de l’efficacité énergétique sont venus sur Pollutec Maroc, parce qu’ils savent qu’il y a toute une dynamique autour de ce marché. Maintenant, vous l’avez dit vous-même, c’est un nouveau plan, un plan à 6 ans, qui est en train de se mettre en forme, puisque le CDER va être transformé en Agence nationale. Il est en train de mettre en œuvre l’ensemble des partenariats avec toutes les parties prenantes de l’économie marocaine. Donc, les enjeux et les montants à termes sont importants, mais ce n’est pas non plus la dynamique essentielle du Pollutec Maroc. Aujourd’hui, Pollutec Maroc est quand même encore porté par les deux mamelles de l’environnement que sont l’eau et les déchets.

Votre partenariat avec Forum 7 traduit-il le début d’un duo qu’on pourrait retrouver pour l’organisation d’autres Salons en dehors de Pollutec ?

Alors là je vous répondrais comme tout à l’heure. Reed exposition France n’a pas décidé que le Maroc serait un pays de développement excepté. On part toujours du marché de l’offre et de la demande. Il s’est avéré que la demande dans le marché de l’environnement présentait cette opportunité. Maintenant, par ailleurs, c’est vrai quand on apprend à se connaître, à connaître un marché et ses opérateurs, je dirai : pourquoi pas. Il peut y avoir des opportunités dans d’autres secteurs. Et si le cas se présentait, on l’étudierait. Si, comme je le pense et je l’espère, les fertilisations croisées entre Forum 7 et Reed Exposition France sont fertiles et l’on a un bel événement Pollutec Maroc, pourquoi pas à termes, on penserait à d’autres projets.

Un mot de la fin ?

Je suis très contente. C’est ce que j’ai écrit dans mon édito du catalogue en disant : toutes les premières fois ont toujours un caractère émotionnel. Et plus particulièrement, au Pollutec Maroc je suis ravie, parce que encore une fois on avait créé des liens d’amitié avec beaucoup de Marocains qui s’étaient déplacés sur le Salon en France. On n’a pas pu le lancer tout de suite pour des raisons diverses. Ce projet a été ajourné, parce que je ne considérais pas qu’il fallait venir perturber un marché. Soit on apporte une valeur ajoutée, soit on reste chez soi. Et le fait qu’aujourd’hui, il peut le faire avec le succès, en tout cas jusqu’à ce jour, qui se génère, ça fait un grand plaisir !


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