La FENELEC vient de mettre à profit les bonnes relations économiques et commerciales existantes entre le Maroc et le Sénégal, pour explorer les opportunités dans le domaine de l’Energie de ce pays frère. L’Electrification Rurale est en ligne de mire de la Fédération. Un Forum s’est organisé à cet effet à Dakar du 12 au 15 Mai dernier.
Souvent incubateur de nouvelles technologies, le salon intermat s’est trouvé une autre vocation lors de son édition 2009, qui est celle d’être un éclaireur sur les voies de la reprise.
En effet, le marché mondial de la construction avec ses 5.000 milliards de dollars de commandes annuelles et ses 80 milliards de dollars de besoins en équipements, n’a pas été épargné par la crise. Du côté des opérateurs, des interrogations subsistent sur la reprise et quoi de mieux qu’un salon comme celui d’Intermat pour essayer d’entretenir la confiance et surtout les conditions d’une éventuelle reprise, que d’aucun programme pour 2010. Reste à savoir.
Néanmoins, Intermat 2009 pour être un indicateur, s’en était un, puisqu’il a permis au moins de mesurer à sa juste valeur les plans de relance d’un bon nombre de pays européens dont la France, qui a accordé près de 2,5 milliards d’euros pour son secteur de la construction. Il fallait rebondir après une telle crise internationale.
Et au besoin de le dire, cette relance de l’économie mondiale devrait se faire avec l’innovation qui caractérisera l’activité des grands fournisseurs d’équipements à travers le monde. D’autant qu’il est question de lier à l’avenir ces innovations au développement durable.
Certains observateurs sont plus optimiste dans ce duo fondamental, et pensent tous deux constituent de véritables moteurs pour la relance. Car une entreprise qui innove est plus forte à rebondir, et être capable d’assurer sa pérennité. Les 1 470 exposants qui ont maintenu leur niveau de participation, comme si rien n’en était, avaient probablement à cœur de faire vérifier cela par les visiteurs dont le nombre s’est chiffré à 184 518 (1/3 venant de l’étranger).
Mme Maryvonne Lanoë, commissaire du salon Intermat, s’est dite «satisfaite de l’édition 2009». Et pour cause, Intermat a pu maintenir son cap en dépit d’un contexte conjoncturel défavorable. Monté sur une superficie de 160.000 m2, restera dans les consciences comme étant la plate-forme internationale qui aura permis au monde du business de retrouver une lumière de confiance sur un avenir proche. Le salon a connu une progression de 8% par rapport à son édition 2006, période à laquelle le secteur était en pleine croissance.
Mais il convient de relativiser sur cette croissance, puisqu’elle obéit beaucoup plus à une volonté des industriels à prendre d’assaut le salon, comme pour se redonner un moral affecté par la crise, que sur des éventuelles prévisions de croissance du secteur. On attend voir de quoi sera fait 2010, étant donné que pour l’heure «le bâtiment en Italie est autant touché par la crise qu’en France ou dans d’autres pays européens où beaucoup d’investissements sont bloqués…», s’est expliqué M. Marcello Bianchi, Responsable Export de Marcegaglia, leader européen de la transformation d’acier. Les nombreux plans de relance ne suffisent probablement pas. Il en faut plus, et peut-être qu’il faudra compter avec un autre genre de besoin à l’échelle internationale, qui viendrait relayer le BTP, victime de la limitation des budgets.
À Intermat, les participants ont misé sur le développement durable, domaine incontournable pour tous les pays, et qui se voit doté d’une plus grande volonté politique que même la crise ne peut défaire. Le triptique écologie, économique et social, pourrait s’avérer la voie du salut dans le monde. En Europe, on parle de green attitude, un nouveau genre de développement plaçant la préservation de l’environnement en chef de préoccupations pour les gouvernements.
5 milliards seront investis prochainement en France dans ce domaine sur les 26 milliards prévus, tandis qu’aux Etats-Unis, Barak Obama, veut développer l’industrie des « green tech » (voitures hybrides) avec la possibilité de créer cinq millions d’emplois. Pour les industriels, cela signifie du travail avec en prime l’innovation pour faire la différence. Les moteurs hybrides et les mini-machines, constituent pour cela les nouvelles tendances. Ce qui s’est parfaitement vérifié lors des «Intermat Innovation Awards» où l’innovation a été dictée par les attentes sur la préservation de l’environnement afin de mieux préparer l’avenir.
Intermat Innovation Awards en chiffres • 78 dossiers présentés repartis en 3 catégories • 17 nominés • 7 lauréats • 1 prix spécial sur l’environnement
• Construire Magazine : Après l’ouverture d’Intermat 2009, ce salon confirme-t-il les attentes placées en lui ?
• Mme Maryvonne LANOË : Il confirme les attentes placées en lui, grâce à la participation massive des exposants qui ont fait confiance à la manifestation. Mais cela dit, il est trop tôt de se prononcer à ce sujet à une journée de l’ouverture de la manifestation.
• Construire Magazine : En dépit d’une conjoncture défavorable, votre défi était de ramener toutes les grandes marques parmi le parterre des exposants. Est-ce que c’est fait ?
• C’est fait. Comme vous le savez, nous avons enregistré seulement 7 défections majeures. Pour autant, tous les gros fournisseurs industriels étaient présents sur des stands de très bonne surface. Le secteur est resté mobilisé face à la crise.
• Quelles sont selon vous, les différentes facettes de ce salon qui peuvent induire un taux de satisfecit chez les exposants au sortir de l’événement ?
• Ce qui pourrait intéresser les exposants, c’est que la plus parts des visiteurs qui arrivent, sont en quête de l’innovation dans le domaine du développement durable, pour les consommations d’énergie. Par ailleurs, il est important de vous signaler que les exposants nous disent déjà que les interlocuteurs qu’ils rencontrent sont de haut niveau et qui ont soit des projets à moyen terme d’investissement dans le matériel, soit un besoin prononcé en innovation.
• Au regard de son déroulement quels sont les segments d’Intermat qui bénéficient de plus d’attraction et pourquoi ?
• Alors les extérieurs et la zone de démo constituent des zones de grande attraction, parce que le gigantisme des machines. Il y a aussi, le côté fictif de la présentation de la manifestation qui est une source de plaisir pour le visiteur.
• Quels sont les enseignements que votre organisation devra tirer de cette édition 2009 d’Intermat, afin de mieux servir l’avenir ?
• Je crois que les leçons que nous tirons de la tenue d’Intermat, c’est une grande flexibilité de notre équipe à réorganiser la manifestation en fonction de certaines défections, et cela, à quelques 2,3 ou 4 mois avant l’exposition. Donc le maître mot pour nous autres organisateurs, c’est flexibilité.
M. Patrick BERNASCONI, Président de la FNTP France
« …ce recensement porte sur 10 000 projets équivalents à 20 milliards d’euros »
«Le salon s’ouvre cette année dans un contexte particulier de crise internationale. Tous les pays sont touchés, et il faut vraiment relever le défi pour organiser un tel salon en pareille circonstance. Bien sûre que la période n’est pas à l’évidence confortable pour les entrepreneurs que nous sommes, elle est même un peu pervertie. La conjoncture favorable des entreprises françaises, s’est rapidement dégradée en quelques mois. Les chiffres s’affolent et sont revus régulièrement à la baisse. L’impact est direct sur les entreprises de travaux publics, mais aussi sur les fabricants et sur les distributeurs de matériels. Face à cette avalanche de mauvaises nouvelles, la lueur d’espoir vient du plan de relance d’investissement lancé par le gouvernement en particulier dans le domaine des infrastructures. En complément de cet effort de l’état (grands donneurs d’ordres), il y a une certaine visibilité pour les entrepreneurs des travaux publics que nous sommes à travers les grands projets et le programme sur l’environnement.
À ce titre, nous avons voulu mobiliser le cœur de la clientèle des travaux publics à savoir les collectivités locales. Nous avons voulu ainsi montré que la crise n’est pas une fatalité, d’où cette enquête que nous avons réalisé sur le terrain avec la Fédération nationale des travaux publics et qui nous a permis d’aboutir à un recensement. Les conclusions de ce recensement porte sur 10 000 projets équivalents à 20 milliards d’euros, qui seront investis à partir de 2009. Tous les acteurs sont concernés : constructeurs de matériels, distributeurs, loueurs, prestataires de services…s’auront directement apprécier par la relance. Mais cette relance se fera dans un contexte de réflexion sur des décisions qui évoluent.
Le développement durable par exemple, est au cœur de tous les débats. Le chantier n’échappe pas et le matériel est présent aujourd’hui particulièrement dans le changement d’impact carbone, visant le bruit, pollution, puissance, consommation…sont autant de critères que les constructeurs vont devoir intégrer dans leurs machines.
M. George Schmalzried, Directeur des Relations Publiques (Doosan Infracore International)
• Construire Magazine : Quelles sont les nouveautés que vous représentez lors de ce salon Intermat 2009 ?
• M. George Schmalzried : Nous avons beaucoup de nouveautés par rapport à la marque Doosan, qui se caractérisent au niveau de machines à pelles hydrauliques, machines chaumières, une adaptation et modification des pelles typiques spécialisées pour la démolition, en plus d’un nouveau modèle de tomboreau NP41 qui a une charge utile de 36 tonnes.
• En quoi sont-elles innovantes ?
• En fait, si on prend les tomboreaux, ils sont uniques dans le sens qu’ils possèdent un chassis conçu de façon à s’accommoder le plus que possible à terrain accidenté. Dans le domaine des pelles, nous avons plusieurs nouveaux modèles dont les plus petites (pelles E 32 et 35) supportant une charge comprise entre 3 et 4 tonnes en œuvre de marche. Une autre pelle disponible sur pneus, et qui vient le premier modèle sur pneus Robcat E55 W, qui est un excavateur de 5,5 tonnes…
• Dans un environnement des travaux publics, plus que jamais complexe en terme de chantiers, quelles sont les performances qui accompagnent vos pelles ?
• Je dirai que l’avantage principal se situe dans la flexibilité ou la polyvalence, car nos machines ont la possibilité de faire un peu de tout. Pour le matériel compact, il est très utile côté facilité en sens qu’il peut être utilisé dans un espace spécieux que dans un espace restreint.
• Construire Magazine : Votre groupe vient de s’engager dans une nouvelle génération de brises-roches hydrauliques, qu’est ce qui la distingue de la précédente ?
• Mme Chantal BILLY : Il y a un changement au niveau des pistons, moins d’hydraulique nécessaire pour plus de force. En plus ce qui distingue cette nouvelle génération de machines de la précédente, c’est le fait qu’il soit sonorisé par rapport aux normes CEE, en sachant que le Japon est encore beaucoup plus strict au niveau du bruit. Il y a d’autre part, des modèles supplémentaires qui ont été crées et qui ont comblé la gamme entre un marteau qui pointe sur les 40 tonnes et un marteau qui pointe sur les 60 tonnes. Nous avons maintenant un nouveau marteau le JS 23, qui pointe entre 40 et 50 tonnes.
• Parlez de brises-roches, c’est aussi parler de conditions efficaces de travail. Que faites-vous pour garantir plus de sécurité au personnel travaillant avec vos machines ?
• Alors je viens de vous l’expliquer, tous nos marteaux ont la norme CEE. C’est-à-dire qu’ils ont un système qui leur permet de s’auto fermer en baissant beaucoup de décibels. Au niveau de la sécurité, nous proposons systématiquement une formation de chauffeur à la mise en route des marteaux. Nous avons à l’idée de pouvoir faire une école NPK, qui sera capable de proposer tous les ans, à nos clients, pour que ces derniers essaient d’abîmer le moins possible les brises-roches et dans de conditions de travail normales.
• L’innovation étant au cœur de ce salon, combien de nouveautés sortez-vous chaque année et que pensez-vous d’Intermat ?
• Chaque année NPK ne sort pas de nouveautés. Mais nous les sortons tous les deux ou trois ans. Cette année par exemple, nous avons sorti des nouveautés au niveau des cisailles à fer. Nous avons aussi sorti de nouveaux cros, nécessaires sur les chantiers de démolitions. La démolition est un domaine qui est en train de venir petit à petit au Maroc. Vous allez être par exemple, obliger de démolir sur Casablanca pour pouvoir reconstruire. Et on a besoin de ce genre d’outil. En ce qui concerne Intermat, j’avais très peur qu’il n’est pas de clients. Et en fait, depuis les deux premiers jours, je dirai que les choses sont un peu plus clairs.
• En quoi votre partenariat avec le Japon, vous a permis de jouer un rôle grandissant dans votre secteur ?
• Cela nous a permis de s’implanter en tant que filiale sur la France et le Maroc, qui est à considérer comme une plaque tournante pour notre politique eu égard aux relations que ce pays entretien avec la France.
M. Yvon Gilles, Agent Français du Matériel Poyatos
• Construire Magazine : Quelles sont les nouveautés que vous exposez lors de ce salon ?
• M. Yvon Gilles : Notre thème pour le salon porte sur le développement durable. Ce qui veut tout simplement dire que nous avons fait des efforts considérables pour réduire la consommation globale énergétique de nos machines, de manière à aider nos clients. Par exemple, pour ce salon, la machine moyenne qui s’étend entre 20 et 50 tonnes avec une capacité de production de 1500 blocs à l’heure, a une puissance globale de 80 kw. Et aujourd’hui, en regardant les chiffres de nos concurrents, on est pratiquement sûr qu’on est à la moitié de leur consommation pour un rendement de production équivalent. Donc on a des machines qui sont vraiment adaptées à ce concept de développement durable. Ce qui est aussi une tendance dans notre secteur d’activité.
M. Didier Briand, Directeur Général Cummin’s France
• Construire Magazine : Comment lit-on l’innovation chez Cummin’s au cours de ce salon ?
• M. Didier Briand : Hormis quelques éléments nouveaux de la gamme de moteurs, c’est surtout les normes d’émission portant sur les tirs 4, où là, nous présentons des solutions techniques choisies par Cummin’s pour ses nouvelles normes d’émission.
• Peut-on avoir à l’idée, la durée de votre groupe électrogène en fonction ?
• Cela dépend du type de réservoir. Il y a des réservoirs qui ont une durée d’autonomie de 24, d’autres de 48 heures ou plus en fonction des besoins particuliers.
• Très présent en Afrique, vos moteurs sont plutôt utilisés en substitution à l’énergie électrique. Alors à quand des centrales de production complètement équipées de vos moteurs Cummin’s ?
• Ecoutez, il y a déjà en Afrique des centrales de production équipées de moteurs Cummin’s notamment au Sénégal. Donc, c’est tout à fait possible d’avoir des moteurs Cummin’s associés les uns aux autres, pour en faire des une centrales de plusieurs dizaine de MW.
• Cela dit, le service après vente demeure un point fort pour une activité comme la vôtre. Quelle déclinaison faites-vous de SAV ?
• Je pense le service après vente est crucial pour atteindre la performance du matériel et dans le service auprès des clients. Et c’est pour nous une priorité. Ce n’est pas rien si Cummin’s a des SAV le mieux développé dans le monde. Si on parle de l’Afrique, Cummin’s fait d’énormes efforts pour avoir une densité de services importante.
• Comment se présente pour vous ce salon ?
• Jusqu’à présent nous avons eu très peu de visiteurs. Je crois que c’est un peu traditionnel à chaque salon, les premiers jours sont souvent très calmes. Et à cela, il ne faut pas oublier la crise et la période vacancière qui voit plusieurs personnes partir se détendre. Par contre, nous avons beaucoup de contacts professionnels basés autour des gens qui réfléchissent sur de nouvelles solutions.