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Numéro en kiosque : 63 - Mars 2010
 
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La première promotion de l’EAC sur la voie de la délivrance
 

Ce n’est que le projet de fin d’études qui reste à préparer par les étudiants de la première promotion de l’Ecole d’Architecture de Casablanca pour finir le long parcours de formation en architecture.

La patience est la clé de la réussite ! ça fait maintenant cinq ans que l’Ecole d’Architecture de Casablanca existe. Et très bientôt, la première promotion d’architectes, ayant obtenu, après six ans d’étude, un diplôme délivré d’une Ecole d’Architecture privée marocaine, va s’introduire et s’intégrer dans le milieu professionnel. Après avoir contourné la formation académique, les élèves architectes de cette école vont se lancer dans la préparation du Projet de fin d’étude (PFE). ‘En effet, nous venons de terminer la cinquième année, qui est la dernière année de formation académique ; la sixième étant réservée à l’élaboration des projets de fin d’études (PFE) soutenus devant un jury de professionnels et d’universitaires. De ce fait, le mois de mai 2010 est la date prévue pour les premières soutenances’ précise Abderrafih LAHBABI.

Il est à rappeler que ce ne sont pas uniquement les études longues qui ont pesé sur le moral des étudiants, mais également les agissements des désapprobateurs contre l’existence de cette école. Aussi bien les fondateurs, le corps des enseignants, les étudiants que le personnel administratif se sont cramponnés au projet pour ratifier la volonté du gouvernement exprimée à travers un appel à manifestation d’intérêt en 2004 pour la création de trois écoles privées d’architecture. Le Directeur Général de l’EAC, Abdelmoumen Ben Abdeljalil s’est exprimé autrefois sur le sujet en disant:«Prise de conscience oblige, l’ex-premier ministre Driss Jettou et le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement de l’Espace, Ahmed Taoufik Hejira avaient lancé un appel à manifestation d’intérêt en 2004 pour la création de trois écoles privées d’architecture. Et c’était suite à cet appel que l’école supérieure d’architecture de Casablanca a été créée par décision conjointe et signature d’une convention entre le ministère de l’Habitat et celui de l’enseignement supérieur». Aujourd’hui, la béatitude frappe à la porte des parents de ces jeunes étudiants enthousiasmés de devenir architectes. Et ce n’est qu’une seule année qui les sépare de ce rêve réalisable : l’obtention du diplôme d’architecte.

Ainsi, la validation des diplômes délivrés par l’Ecole Supérieure de Casablanca était au cœur des débats provoqués entre les parents d’élèves et les dirigeants de l’établissement. Pour s’assurer de l’équivalence de leurs formations et plus tard de leurs diplômes, l’école nationale d’architecture de Rabat et l’école supérieure privée d’architecture de Casablanca avaient signé un accord de partenariat par lequel la première (ENA) apporte son soutien pédagogique à la deuxième (EAC) en validant année par année l’enseignement qui est dispensé. Ce partenariat est, jusqu’aujourd’hui, appliqué littéralement. Et après avoir réussi le cycle licence (1ère, 2ème et 3ème années), l’ENA accompagne l’EAC dans l’enseignement du cycle Master (4ème et 5ème années). «D’autant plus que nous avons l’occasion d’échanger les connaissances acquises dans notre école avec nos confrères de l’ENA où nous sommes bien intégrés. C’est un parcours qui exige de grands efforts», précise Amine KARRAKCHOU, étudiant de la 5ème année à l’EAC.

Ainsi, il n’y aura plus de confusion quant à la reconnaissance du diplôme délivré par l’EAC. «Ces problèmes ne devraient plus se poser puisque  aujourd’hui, c’est l’Etat qui confirme que le diplôme de l’EAC va être reconnu. D’abord, une reconnaissance année par année et prochainement une reconnaissance de la 5ème et de la 6e année. Cette assemblée au Parlement est une occasion pour tranquilliser l’opinion publique au sujet de la reconnaissance du diplôme de l’EAC» avait déclaré le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace, lors de la séance parlementaire du mercredi 5 novembre 2008. «C’est un sentiment  de tranquillité partagé avec tous les étudiants de la 5ème année. Ces derniers ont fait confiance à l’E.A.C. depuis sa création en tant qu’institution privée. Il s’agit d’une expérience particulière que nous avons vécue durant ces cinq dernières années. D’autant plus que nous serons sous la loupe durant l’exercice de notre activité d’Architecte puisque nous constituons la première vague  issue d’une première école d’architecture privéemarocaine. On a tous milité pour la réussite du projet de création de cette école et œuvré pour surmonter toutes les difficultés», affirme Ismail TAZI, étudiant de la 5ème année.

Le plan pédagogique, le partenariat avec l’ENA et l’échange des connaissances avec des écoles internationales ont permis aux élèves architectes de l’EAC d’avoir « les qualités requises pour devenir des architectes concurrentiels». «Je peux dire que l’Ecole d’Architecture de Casablanca, à l’instar des autres grandes écoles, a élaboré, courant ces cinq dernières années, tout un programme d’enseignement très bien étouffé et intense. Ce programme est consolidé année par année grâce aux rapports de partenariat avec l’ENA et aux relations étroites et développés avec des écoles étrangères (l’Ecole LACAMBRE de Bruxelles à titre d’exemple)» précise Rajaa BEN MOUMEN, architecte et enseignante à l’Ecole Supérieure d’Architecture de Casablanca.

Réaliser un objectif précieux nécessite de la persévérance et de l’endurance ! Si on est sceptique, on pourra demander l’avis des prédécesseurs sur les études supérieures en général et sur le parcours de la formation à l’EAC en particulier. 


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M. YVES ROBERT,
Historien de l’Art et Archéologue - Enseignant à l’Institut Supérieur d’Architecture - LA CAMBRE
 

Patrimoine :
Valeurs patrimoniale et d’usage superposées

• Construire Magazine : Si nous vous demandons de vous présenter à nos lecteurs... ?
• M. YVES ROBERT :Je suis un historien de l’Art et Archéologue, enseignant à l’Institut Supérieur d’Architecture- LA CAMBRE, basé à Bruxelles. J’enseigne la théorie de la conservation et de la restauration du Patrimoine. Ma spécialité, c’est de montrer l’évolution de la pensée en matière de patrimoine. Cette pensée a évolué au gré d’idées nées par des théoriciens et au gré de grandes assemblées  professionnelles (des architectes, des historiens de l’Art, des spécialistes en conservation et restauration des monuments historiques).
Je suis ici à Casablanca dans le cadre d’échanges de coopération entre l’Ecole d’Architecture de Casablanca et son homologue LA CAMBRE à Bruxelles.

• Dans votre exposé, vous avez lié apparemment le patrimoine avec la notion de la crise du temps. Quel est le rapport existant actuellement entre l’homme et la célérité du temps ?
• L’existence du patrimoine est quelque chose de très important dans toute société. L’homme a, depuis toujours, une conscience d’un rapport au temps. Il a un regard réflexif sur son identité et sur son passé, ce qui a amené à l’évolution des rapports très particuliers avec la notion d’héritage à transmettre aux générations futures en protégeant un certain nombre de biens. Ces rapports ont pris des formes très différentes entre le monde de l’Antiquité, le monde des humains, l’Etat moderne du XVIIIe siècle et aujourd’hui. Si ces différences existent, c’est parce qu’elles correspondent à des consciences du temps extrêmement différentes. Depuis le XVIIIe siècle, on est à une époque où règne le grand sentiment d’accélération du temps qui fait que les choses vieillissent, de plus en plus, rapidement et tournent dans le passé avec une grande vitesse. Alors on essaie de les récupérer sous une forme patrimoniale. La plupart des objets d’usage (une pelle ou un appareil photo par exemple) ont tous une vie courte. C’est cette accélération du temps qui génère des mécanismes de patrimonialisation en récupérant, sous une autre forme, sous un autre statut patrimonial, les objets tombés tout de suite dans le passé.

• Quelles sont les idées fortes que vous voulez mettre en relief à travers cet exposé ?
• Le patrimoine traditionnellement constitué depuis le XVIIIe siècle était relevé des catégories des biens ayant perdus leurs valeurs d’usage. Depuis les années 20 du XXe siècle, on a assisté à une extension du concept du patrimoine. Et aujourd’hui, il y a de plus en plus des biens qui sont patrimonialisés et d’autres faisant partie d’un passé assez récent et qui ne sont pas de type de simples de documents d’arrêt d’histoire parce qu’ils ne sont pas en état de ruine, par exemple volubilis au Maroc, mais des immeubles ou des biens considérés patrimoines et habitats en même temps. Donc il y a un rapport nouveau entre la valeur d’usage ( la pratique de l’habitat) et la valeur patrimoniale qui ne sont pas distinctes l’une de l’autre, mais superposé. Ainsi, les politiques de patrimoine qu’on doit mettre en œuvre aujourd’hui, ce ne sont plus seulement celles qui relèvent de l’histoire et de la préservation du patrimoine à travers son authenticité- toutes aussi importantes qu’avant- mais accompagnées par une politique de patrimoine qui vise à pérenniser les structures patrimoniales à travers un usage qui soit pour la société. De ce fait, nous pouvons dire que l’Architecte n’est pas seulement un conservateur, quand il s’agit de travailler sur des monuments historiques, mais également un réanimateur. Quand on travaille par exemple sur le patrimoine Art Déco de Casablanca, on ne peut pas le vider de ses habitants, mais par contre on arrive à concilier entre la vie des habitants avec l’adaptation aux besoins modernes en termes de développement durable, d’insonorisation, de performance énergétique, et la spécificité culturelle. Quand il s’agit du rôle de l’architecte, conservateur ou réanimateur, il ne faut pas défendre l’un ou l’autre. Mais celui qui est capable de comprendre et de respecter l’authenticité de ses bâtiments.

• Quels sont les outils et les critères méthodologiques pour les classifications des structures patrimoniales de Casablanca ?
• Oui, il existe toute une série de critères qui demande tout un cours pour les développer. Ainsi, d’un point de vue méthodologique, il est clair qu’il faut préparer de bons inventaires en travaillant par époque chronologique, par style... Pour le patrimoine, il faut faire un diagnostic de la situation existante et de leur potentiel en forme d’usage (à préserver, à démolir…). Je pense que le travail qui a été fait par les élèves architectes de l’EAC sur les abattoirs de Casablanca mériterait d’être valorisé, à travers un public extérieur à l’école pour montrer le genre de démarche que l’on peut opérer sur la ligne. Lors de la conférence, j’ai évoqué quelques critères précis parmi d’autres, notamment la rareté, l’exemplarité des bâtiments ( le 1er bâtiment qui a adopté les nouvelles technologies par exemple).


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INTERVIEW : 2009-2010 : Année décisive pour la première promotion de l’EAC
 

Abderrafih LAHBABI, Directeur Pédagogique de l’Ecole Supérieure d’Architecture de Casablanca

• Construire Magazine : Il reste une année de formation (2009-2010) pour la  1ère promotion des élèves architectes formés par l’E.A.C., comment sera t-elle  cette année, sur le plan pédagogique ?
• M. Abderrafih  LAHBABI  : En effet, nous venons de terminer la cinquième année, qui est la dernière année de formation académique ; la sixième étant réservée à l’élaboration des projets de fin d’études (PFE) soutenus devant un jury de professionnels et d’universitaires. De ce fait, le mois de mai 2010 est la date prévue pour les premières soutenances. Ce travail fait partie des épreuves terminales qui permettent de juger les aptitudes et la maturité du futur diplômé à penser et appréhender des ensembles complexes et, de faire la synthèse des connaissances acquises avec une distanciation critique. Il est à signaler que les sujets de PFE des élèves sont en rapport avec l’un ou l’autre des axes de recherche privilégiés par l’école. Dans ce sens, il faut rappeler que l’école est aussi un lieu de formulation de problématiques sur l’architecture et la ville associant étudiants, chercheurs, professionnels et acteurs publics.

• Vous nous avez parlé un jour qu’il existe de différents métiers d’Architecture. Allez-vous délivrer des diplômes portant le titre d’Architecte tout court ou accompagné d’une spécialité ?
• L’Ecole Supérieure d’Architecture de Casablanca donne à ses étudiants une formation qualifiée, en Europe, de généraliste. C’est une formation professionnalisante avec laquelle les architectes peuvent exercer leur métier. L’analyse de l’évolution de l’exercice du métier nous conduit à ne plus réduire le rôle de l’Architecte au niveau de l’exercice libéral ou au niveau de la fonction publique. Nous pensons qu’il y a d’autres créneaux de travail à conquérir relevant de la compétence de l’architecte. Ces profils qui commencent à apparaître avec le développement économique peuvent élargir le champ d’intervention des architectes : l’urbanisme, le paysage, l’expertise du bâtiment, le design urbain, le montage des opérations immobilières, le patrimoine, ou encore l’enseignement et la recherche. Le souci de notre école est d’adapter et d’anticiper la formation  en fonction des exigences du marché et de l’évolution de la pratique du métier. D’un autre coté, parce que le savoir n’a pas de limite, il existe des possibilités après l’obtention du diplôme d’architecte de poursuivre des études, appelées post-formation, de doctorat dans les universités ou de masters spécialisés dans des écoles partenaires.

• Quelles sont vos prévisions d’insertion de ces nouveaux architectes dans le marché de l’emploi ?
• Lorsque le ministère de l’Habitat a jugé utile la création de cette école en 2004, c’était pour répondre à un besoin patent en architectes. Je pense que ces prévisions restent toujours d’actualité puisque l’architecte libéral ou au service de l’Etat, est demandé partout, au même titre que les autres architectes spécialisés qui travaillent dans les différents domaines très porteurs cités auparavant. La formation que nous donnons est une formation professionnelle qui débouche sur un métier. Dans ce sens l’école attache une grande importance à son ouverture sur la profession, le monde de la création et des innovations technologiques. Cette préparation au marché du travail se fait également par les stages obligatoires inscrits dans le cursus de formation, les workshops et les séminaires spécialisés. Dans le monde en mouvement l’école tient également à rester en diapason avec l’international et les changements rapides qui ponctuent sans cesse l’exercice de la profession.


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Rajaâ BEN MOUMEN,
Architecte chercheur Enseignante à l’Ecole Supérieure d’Architecture de Casablanca
 

• Construire Magazine : Vous êtes à la fois architecte et enseignante ! Quelle approche adoptez-vous, sur le plan de la méthodologie, pour véhiculer les connaissances en matière d’architecture aux étudiants ?
• Mme Rajaâ BEN MOUMEN : Depuis la création de l’E.A.C, Il existe un désir et une volonté d’en faire l’école de l’excellence où le souci majeur est d’offrir une formation de qualité pour nos étudiants, une formation offrant l’opportunité d’insertion dans le monde professionnel et d’épanouissement personnel dans ce domaine de la création.
Dans ce sens, l’E.A.C s’inscrit par son programme et sa pédagogie dans la logique des grandes écoles nationales et internationales avec lesquelles elle entretient des liens étroits.

En tant qu’enseignante permanente à l’E.A.C j’ai la chance de travailler en étroite collaboration avec le directeur pédagogique, je peux dire à cet égard, que l’Ecole Supérieure d’Architecture de Casablanca, à l’instar des autres grandes écoles, a élaboré, au courant des cinq dernières années un programme d’enseignement très bien étoffé. Ce dernier est consolidé et validé par l’ENA et aussi grâce aux relations développées que nous entretenons avec des écoles étrangères notamment l’ISACF- La Cambre en Belgique.

Il n’y a pas en fait de mystère en matière d’enseignement de cette discipline. Les études d’architecture s’articulent essentiellement autour de la formation au projet architectural et urbain. Cette formation passe aussi par la maîtrise des expressions artistiques, des techniques de représentation en portant un intérêt particulier aux outils informatiques et aux techniques du multimédia contemporaines. La formation d’architecte se nourrit d’une culture générale en histoire de l’art, mais aussi par d’une approche des sciences humaines, et sociales.

Il reste fondamental de rappeler que l’architecte d’aujourd’hui, c’est le bâtisseur de demain, pour cette raison, l’école accorde beaucoup d’importance à l’apport des sciences exactes et des techniques de construction dans cette formation.

• Y a-t-il besoin d’une vocation pour devenir Architecte ?
• Évidemment, il ne suffit de vouloir l’être pour le devenir ! la formation d’architecte exige  certains critères qui se résument par un potentiel certain et beaucoup de persévérance, ces critères constituent la base même du concours organisé par l’E.A.C chaque mois de Juillet.
La démarche de l’école conforte l’idée qu’on n’est pas né Architecte !! le candidat est sélectionné dans un premier temps sur la base de son dossier, j’entends par là ses acquis et ses notes au baccalauréat, ou sur la base d’autres expériences notamment le passage d’une année dans une école d’art , ensuite l’élève est convoqué à passer l’épreuve écrite qui atteste d’un niveau honorable et enfin, le test oral qui permet de confirmer le profil adéquat ou pas,
A ce stade, l’élève doit révéler sa disponibilité, son aptitude et sa motivation pour s‘initier à cette profession, il doit témoigner d’une sensibilité artistique, d’une culture générale et surtout d’une ouverture sur son milieu, ce sont là les prémices d’un bon profil d’élève-architecte auxquels l’E.A.C accorde beaucoup d’importance. 


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Une année de formation à parcourir avec un sentiment de soulagement !
 

Ismail TAZI, Etudiant de la 5ème année à l’Ecole d’Architecture de Casablanca
• Construire Magazine : Vous êtes en dernière année de formation. Quel sentiment portez-vous après avoir passé cinq années d’études ?
• Ismail TAZI : C’est un sentiment  de tranquillité partagé avec tous les étudiants de la 5ème année. Ces derniers ont fait confiance à l’E.A.C. depuis sa création en tant qu’institution privée. Il s’agit d’une expérience particulière que nous avons vécue durant ces cinq dernières années. D’autant plus que nous serons sous la loupe durant l’exercice de notre activité d’Architecte puisque nous constituons la première vague  issue d’une première école d’architecture privée marocaine. On a tous milité pour la réussite du projet de création de cette école et œuvré pour surmonter toutes les difficultés.

• Une fois vous recevrez votre diplôme, allez-vous sentir capable d’aborder le métier d’Architecte ? Et dans quel secteur préférez-vous exercer, le public ou le privé ?
• J’ai déjà abordé le métier durant mes stages, et j’estime avoir les qualités requises pour devenir un architecte concurrentiel.
Quel que soit le secteur dans lequel je vais travailler, l’essentiel est de faire évoluer les choses en matière d’architecture. Le Maroc a incontestablement besoin d’une révolution architecturale. Personnellement, je considère que le secteur privé me permettra d’être autonome  dans la création et la conception des œuvres architecturales et pourra m’offrir également une liberté de choix et d’expression.



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Amine KARRAKCHOU, Etudiant de la 5ème année à l’Ecole d’Architecture de Casablanca
 

• Construire Magazine : Vous êtes en dernière année de formation. Quel sentiment portez-vous après avoir passé cinq années d’études ?
• Amine KARRAKCHOU : Nous éprouvons un sentiment de soulagement puisque l’année prochaine est la dernière de notre parcours de formation. Au-delà, nous sommes conscients de la pression qui pèse aussi bien sur nous que sur l’Ecole puisqu’il s’agit de la première promotion d’Architectes qui doit faire preuve de ses compétences dans l’exercice de son métier. Nous sommes aujourd’hui en 5ème année  et un projet de fin d’étude nous attend l’année prochaine. D’autant plus que nous avons l’occasion d’échanger les connaissances acquises dans notre école avec nos confrères de l’ENA où nous sommes bien intégrés. C’est un parcours qui exige de grands efforts.
Certes, nous avons vécu des moments agréables parsemés d’incidents que nous avons surmontés avec l’Administration de l’Ecole en courant derrière le ministre de l’Habitat ou vers le Parlement pour demander des explications relatives à notre avenir, mais la fin du parcours est très proche.

• En tant que première promotion, quel serait le message que vous pouvez transmettre à vos successeurs, élèves architectes de cette Ecole ?
• C’est bien d’avoir ces deux écoles, l’ENA et l’EAC, qui permettent de créer une sorte de concurrence, et entre les deux écoles, côté formation, et entre les étudiants dans des concours ou dans le cadre de leurs vies professionnelles. Cependant, il faut souligner que nous allons affronter, par le fait de la mondialisation, des bureaux étrangers d’architecture, ce qui me permet de dire aux élèves de différents niveaux de cette école que nous avons du boulot, et que le diplôme d’Architecte doit être consolidé par l’esprit de création. À ma connaissance, notre métier, étayé de réflexions constructives, exige de la recherche perpétuelle et une grande imagination. Ce que nous avons appris dans cette école, ce n’est que des notions de base pour aborder notre métier dans de meilleures conditions. À mon avis, l’Architecte de demain doit être évidemment bien formé, international, Écolo et sociologue, construisant pour l’être humain en société, en harmonie avec son environnement.  

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